Photos des randonnées dans le Raivavae

Raivavae

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randonnée
8 months ago

Un lagon 5 étoiles : Il faut à peine plus d’une heure pour être sur le toit de l’île de Raivavae, le mont Hiro (438,5 m.). Le sommet offre, incontestablement, une vue extraordinaire sur l’un des plus beaux lagons de Polynésie française, si ce n’est le plus beau. “Ia oga na” à Raivavae et “mauguugu” d’être venu. Des bleus en veux-tu, des bleus en voilà ! Si un peintre avait, un jour, l’idée de monter son chevalet et ses tubes au sommet du mont Hiro, il lui faudrait sans doute revoir ses bases en matière de couleurs, car les nuances de celles que décline avec une infinie variété le lagon de Raivavae dépassent les possibilités d’une palette classique. Une pente raide La montée est raide. Du moins la première partie. Nous sommes engagés dans la pente qui est juste derrière la pension Ataha. Notre guide, manie le coupe-coupe avec ardeur. Il avance lentement, mais le rythme reste soutenu. Pendant quarante minutes, ce ne sera que brousse épaisse et dense : d’abord l’enchevêtrement des purau et des goyaviers, puis celui des aito (partie assez raide, caillouteuse, recouverte d’un tapis glissant d’aiguilles), avant d’atteindre une lande de roseaux et de hautes fougères qui noie les randonneurs et d’où on ne voit rien, ou presque. On mont, on monte, on monte. Jusqu’à une crête, à la cote 280 mètres environ. Un tapis d’herbe D’un coup d’un seul, on débouche sur un espace littéralement gazonné, une arête en pente assez douce qui conduit à la cote 380 mètres, puis au mont Hiro lui-même, sur un véritable tapis d’herbe douce. Ce qui avait des allures de randonnée commando fait place à une aimable balade en plein air, sur une magnifique ligne de crêtes, dans la fraîcheur de l’alizé. Les paysages sont à couper le souffle. Seules accompagnatrices, des chèvres sauvages faciles à approcher (à distance tout de même), des sternes blanches et des frégates, infatigables planeurs. Sans oublier les paille-en-queue, apparemment toujours très affairés. Vers 300 mètres, on traverse un espace de blocs de pierres quelque peu étrange et incongru ; sans doute, de l’avis de notre guide, les ruines d’un vaste et ancien marae dominant la vallée de Vaiuru. Un final très aérien La partie terminale est très aérienne, entre le nord et le sud de l’île, sur une petite corniche étroite, mais sans véritable danger pour le marcheur. Pendant quinze à vingt minutes, on chemine ainsi entre ciel et terre, avant de littéralement se poser au sommet, sur un très confortable carré d’herbe. La lande à fougères est de la même couleur que celle de Mangareva, beaucoup plus à l’est, mais presque à la même latitude. La lumière est somptueuse et allume, au gré du passage de petits nuages moutonneux, des bleus sans cesse changeants sur le lagon. Vue à 360° Du sommet, à 360°, on voit presque toute la “planète” : les dents du motu Araua (387 m.) et, dans leur prolongement, le motu Tui Tui, le mont Moouatapu (272 m.) et le Turivao à sa suite (203 m.) ; à gauche, on est à la verticale du village de Anatonu et à droite, on domine la large plaine cultivée de Vaiuru, avec ses belles tarodières, quatre cents mètres en dessous du randonneur. On distingue, plus loin, la piste de l’aéroport construite sur le lagon et le très beau mont Taraia, une dent basaltique de 309 mètres. Entourant l’île, le plan d’eau étale avec insolence son camaïeu de bleus, incontestablement les plus beaux de Polynésie française, avec ceux de Maupiti ; la ligne de motu, elle aussi, est extraordinaire, ourlant le passage au plein océan. La gourde d’eau de chacun des randonneurs est encore bien remplie. Après les commentaires d’usage, l’heure est à l’admiration. Les bonheurs intenses, comme les grandes douleurs, sont muets. Le silence s’installe et se suffit à lui-même. Le vent siffle parfois doucement. Deux yeux, ce n’est pas assez pour dévorer tout Raivavae…

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